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Le grand chemin - Témoignage de Marie-Maude
Témoignage de Marie-Maude
Du temps de ma consommation, j'étais encore dans un monde à part où la souffrance faisait partie de ma vie chaque jour, un monde où malheureusement j'aspirais à ne plus être, car la drogue et l'alcool avaient pris le contrôle de mes paroles, de mes émotions, de mes gestes, bref de toute la personne que j'étais. Je détestais la vie et tout ce qui m'entourait. Je n'avais pas réalisé que pour me sentir aimée, il fallait que je m'aime moi davantage. Je nourrissais alors une haine inimaginable envers moi qui m'empêchait de foncer droit devant les épreuves qui s'offraient à moi et le seul moyen, pour trouver le bonheur, c'était de consommer pour oublier mes souffrances alors c'est ce que je faisais. J'assistais à l'abrutissement de mon cerveau. Psy, T.S., TES, étaient à mes côtés pour m'aider, mais rien ne marchait car je ne voulais pas voir la réalité. Vivre pour consommer et finalement consommer pour vivre, était-ce une vie ? Plus rien ne pouvait aller à l'encontre de mon malheur, les vols, les mensonges, la tentative de suicide, le deal de drogues, la manipulation, plus rien ne marchait et j'en étais même venu à ressentir des remords de conscience. Alors, plus j'en avais, plus je consommais. J'aurais pu, à cet instant, décider de mourir mais au lieu de cela, il y a cette petite voix intérieure qui brusquement m'a dit : « Marie-Maude, il est temps que ça cesse ». Alors, j'ai connu le centre Le Grand Chemin. Une autre épreuve s'offrait à moi, celle de m'en sortir, celle de poursuivre des rêves nettement meilleurs pour moi. Cette thérapie a été très dure pour moi, me retrouver dans un environnement sans drogue, sans mes amies et ma famille, avec plein de petites règles, parler de moi, de ce que je suis, de ce que j'ai subi. J'avais tout le temps cette impression que les jeunes de la thérapie et les intervenants ne m'aimaient pas. J'avais peine et misère à me confier aux intervenants et aux jeunes, je parlais avec ma tête et non avec mon cur et je n'avais qu'une envie : fuir comme je l'avais toujours fait, mais pour une fois j'ai décidé d'aller jusqu'au bout de ce que j'avais entrepris. Malheureusement, après deux mois environ de thérapie, on m'a envoyé en plan de traitement chez moi pour deux semaines. Cela me faisait peur, mais, j'ai fait du meeting tous les jours. J'ai observé le monde autour de moi, pris dans ce fléau qu'est la drogue et j'ai constaté que ce n'était pas pour moi, que je méritais mieux et, j'ai appris que le bonheur ne s'achetait pas mais que le bonheur était à l'intérieur de moi et qu'il me fallait le trouver en tassant les «bibites» noires qui m'habitaient. Le centre Le Grand Chemin a été pour moi l'élément déclencheur de ce bonheur et quand j'y suis retournée, deux semaines après mon renvoi en plan de traitement, j'étais une toute nouvelle personne qui avait décidé de mettre trois choses en pratique dans sa vie pour s'en sortir : l'honnêteté, l'ouverture d'esprit et la bonne volonté. Avec cela, j'étais sur le bon chemin. J'ai fini ma thérapie (interne et externe) avec succès. Il ne faut cependant pas penser que, parce que je ne consomme plus, je n'ai plus de problème, mais j'ai appris à affronter ces épreuves dignement avec tous les efforts mis positivement, j'ai appris à aimer et à être aimée, je me suis ouvert l'esprit. Aujourd'hui, je suis en mesure d'accepter toutes les petites choses simples que m'offre la vie. J'ai accompli, depuis ces cinq dernières années des choses que je n'aurais jamais pensé accomplir, j'ai surmonté des obstacles où j'ai eu très peur de retourner consommer, mais grâce à ma force et ma volonté et celle de Dieu tel que je le conçois, je suis passée au travers. Par exemple, il y a deux ans de cela, ma meilleure amie est décédée et tout récemment, j'ai perdu à raison de deux jours d'intervalle, deux de mes meilleurs amis, ils se sont suicidés à cause de la drogue et de la boisson encore. Le secret, pour rester sobre, c'est de ne pas garder de secrets, il faut parler, parler et encore parler pour s'aider, admettre que nous avons un problème et surtout l'accepter. Aujourd'hui, je peux vous affirmer que j'aime la personne que je suis et que je m'accepte comme je suis et je caresse des rêves qui me tiennent à cur. Entre autres, celui de retransmettre mon savoir et mon goût à la vie en aidant les jeunes comme ont m'a aidée. En ce moment, je suis la formation en éducation spécialisée et je sais que ce rêve j'y arriverai jusqu'au bout. J'ai travaillé dur pour cela et jamais je n'aurais pensé qu'un jour j'irais enfin au Cégep et je fêterai mes 5 ans d'abstinence et de sobriété. Quoi demander de mieux ?? Message d'espoir pour vous tous qui voulez vous en sortir
n'abandonnez pas quand tout semble plus dur, continuez, mettez toute la volonté et construisez vous une bonne base pour persévérer et foncez dans un droit chemin car tout le monde a le droit au bonheur, c'est si merveilleux de se réveiller le matin sobre et heureux, bien dans sa peau et prêt à entreprendre une autre journée et cela, 24 heures à la fois avec des gens avec qui on se sent bien. C'est si paisible de ne pas vivre dans la crainte d'avoir fait quelque chose la veille, alors que j'étais saoule ou gelée qui me mettrait dans de mauvaises conditions. Oui, à vous tous, je dis, mordez dans la vie, je l'ai fait et j'en ressors grandie pleine d'espérance et de confiance en moi. Ce n'est pas toujours rose et tout cela ne m'est pas venu en une journée ou même un an, ça prend du temps, mais tout cela se fait une journée à la fois et si ça ne marche pas 1 heure à la fois. C'est ce que je fais et laissez-moi vous dire que ça marche. Le centre Le Grand Chemin m'a conduite vers ma liberté et je leur suis redevable. C'est pour cela que depuis ma sortie du centre, j'entreprends chaque année de faire des activités de financement pour leur redonner un peu de ce qu'ils m'ont donné. Jamais au grand jamais, l'argent que je leur remets ne pourra combler tout ce qu'ils m'ont enseigné et donné dans ces trois mois de thérapie. |
